Le projet de recherche

JUSTINES

Séparations conjugales, litiges avec les bailleurs, conflits du travail, endettement : de nombreux individus sont confrontés au droit et à l’institution judiciaire. Mais quel contraste entre ce traitement judiciaire du tout-venant, tantôt trop lent (tribunaux engorgés) tantôt expéditif (quelques minutes d’audience voire plus d’audience du tout), et les affaires médiatisées qui impliquent des « puissants ». Cet écart entre la justice de masse et celle qui semble réservée à quelques-uns est frappant et justifie ce programme de recherche pluridisciplinaire, qui analyse les différentes formes d’inégalités face à la justice, afin de mieux les connaître et de les combattre.

Pour nous rencontrer

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Mars 2021
Février 2021
01 février 2021

Le genre des professions juridiques - séminaire JustineS

Isabel Boni Le Goff (Université Paris 8, CRESSPA-CSU) présentera ses recherches personnelles et collectives sur le thème "Le genre des professions juridiques : des trajectoires professionnelles aux violences au travail".

Janvier 2021
14 janvier 2021

Le racisme en procès - séminaire JustineS

Cette séance sera consacrée à l'intervention de Cécile Rodrigues (CERAPS), intitulée Le racisme en procès (au sujet de l’enquête menée avec Abdellalli Hajjat et Narguesse Keyhani).

Décembre 2020
Novembre 2020
26 nov. 2020 au 10 juin 2021

Séminaire JUSTINES 2020-2021

Le séminaire Justice et Inégalités au prisme des Sciences Sociales reprend pour l'année 2020-2021.

RADIO : retour sur la réforme du divorce de 1975

Au micro de Nicolas Teillard (France Info) et au lendemain du décès de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, Emilie Biland revient sur une des lois emblématiques de son septennat, la réforme du divorce par consentement mutuel, en 1975. Dans quelles conditions politiques et sociales cette réforme a-t-elle eu lieu ? Avec quelles conséquences sur les femmes et les hommes jusqu'à aujourd'hui ?

Pensions alimentaires et fiscalité : réponse à une élue

Céline Bessière et Sibylle Gollac ont été sollicitées en septembre 2020 par une élue à l'Assemblée Nationale, Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes, au sujet de la fiscalité des pensions alimentaires. Nous reproduisons ici sa question, et la réponse que nous avons élaborée avec Joachim Cottereau, qui effectue actuellement une thèse sur les conflits économiques entre parents séparés.

Le genre du capital - Annexe Méthodologique

La lectrice et le lecteur trouveront ici les résultats statistiques originaux sur lesquels s'appuie la démonstration du livre "Le genre du capital" et les conditions de leur production.

Crise sanitaire : le droit rattrape la famille

La sociologie de la famille présente de nombreux apports pour analyser la crise que nous vivons, et pour mieux y faire face. Extrait d'un article publié par cinq sociologues, dont quatre membres de l'équipe Justines, dans la revue Mouvements, en juin 2020.
Gaétane Poissonier

Séparations : les mères ne veulent plus mendier leur pension alimentaire

Les travaux de trois membres de l'équipe JustineS éclairent la réforme des pensions alimentaires intervenue le 1er janvier 2021 et analysée dans cet article d'Alternatives Economiques écrit par Gaétane Poissonnier.

Extrait : « L’intermédiation à la française n’émancipe pas les femmes du rapport de force avec l’ex-conjoint, abonde Emilie Biland-Curinier. On continue de faire peser le fardeau et la charge mentale de l’argent sur les mères. » Une analyse que confirment Céline Bessière et Sibylle Gollac, sociologues et autrices du Genre du capital (La découverte, 2020).

https://www.alternatives-economiques.fr/separations-meres-ne-veulent-plus-mendier-pension-alimentaire/00095237
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Émilie Biland, Sibylle Gollac, Hélène Oehmichen, Nicolas Rafin, Hélène Steinmetz

La classe, le genre, le territoire : les inégalités procédurales dans la justice familiale

Cinq membres de l'équipe JustineS publient un article dans la revue Droit et Société (2020, n°109, p. 547-566) qui constitue la première exploitation de la base de données judiciaires constituée par l'équipe depuis 2015.

Résumé de l'article : Au moins un couple sur deux se sépare et le traitement judiciaire de ces séparations ne cesse de se diversifier. Analyser les inégalités face à ces procédures est essentiel pour questionner tant l’égalité de traitement dans les services publics que la différenciation des trajectoires sociales à l’issue de ces transitions familiales. Cet article mobilise une base inédite de 4 000 dossiers judiciaires en matière familiale, constituée dans sept tribunaux de grande instance, pour examiner les interdépendances entre les inégalités de classe, de genre et de territoire, au regard des délais de jugement, de la représentation par avocat·e et du recours à l’expertise. Les expériences de la justice familiale des hommes et des femmes qui se séparent sur le territoire français métropolitain varient significativement, tant en fonction de leurs propriétés sociales que de l’organisation des différents tribunaux et des marchés locaux du conseil juridique.

https://www.cairn.info/revue-droit-et-societe-2020-3-page-547.htm?contenu=resume
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Céline Bessière, Muriel Mille, Gabrielle Schütz

Les avocates en droit de la famille et leurs clients. Variations sociales dans la normalisation de la vie privée.

Céline Bessière, Muriel Mille et Gabrielle Schütz, « Les avocates en droit de la famille et leurs clients. Variations sociales dans la normalisation de la vie privée », Sociologie du travail, Septembre 2020, vol. 62, n° 3 https://doi-org.inshs.bib.cnrs.fr/10.4000/sdt.33401

Dans leur ouvrage de référence paru en 1995, Divorce Lawyers and Their Clients, Austin Sarat et William Felstiner ont mis l’accent sur le travail de normalisation juridique réalisé par les avocats en droit de la famille sur la vie privée de leur clientèle. Cet article enrichit cette analyse aveugle au genre et à la classe, à partir d’une enquête collective menée dans une cinquantaine de cabinets de conseil en droit de la famille, dans la région parisienne et l’ouest de la France, entre 2013 et 2016. En fonction de leurs propriétés sociales, les clientes et clients n’ont pas affaire aux mêmes cabinets, ni aux mêmes avocates et avocats, et y reçoivent un conseil plus ou moins approfondi et personnalisé, différencié selon les problèmes juridiques rencontrés. La normalisation juridique est le résultat d’une coproduction entre ces professions libérales du droit et leur clientèle, qui dépend de la confiance qui s’établit entre elles, mais aussi de la capacité de négociation ou de résistance de la clientèle face à son conseil. Dans ce processus, les avocates et avocats sont confrontés à un entrelacs de questions juridiques et morales. Nous montrons ainsi que la normalisation juridique s’accompagne souvent d’une normalisation morale et qu’elle prend des formes très différentes selon la proximité ou la distance sociale entre les avocat·es et leurs client·es. Cette proximité ou distance sociale est appréhendée principalement à l’intersection de rapports sociaux de classe, de genre et d’âge.

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Emilie Biland

Retour sur la réforme du divorce de 1975

Au micro de Nicolas Teillard (France Info) et au lendemain du décès de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, Emilie Biland revient sur une des lois emblématiques de son septennat, la réforme du divorce par consentement mutuel, en 1975. Dans quelles conditions politiques et sociales cette réforme a-t-elle eu lieu ? Avec quelles conséquences sur les femmes et les hommes jusqu'à aujourd'hui ?

Marion Flécher, Muriel Mille, Hélène Oehmichen, Gabrielle Schütz

Une clientèle envahissante ? Les temporalités des avocat·es en droit de la famille

Marion Flécher, Muriel Mille, Hélène Oehmichen et Gabrielle Schütz, « Une clientèle envahissante ? Les temporalités des avocat·es en droit de la famille »La nouvelle revue du travail [En ligne], 17 | 2020, mis en ligne le 01 novembre 2020

À partir d’une enquête collective menée dans les cabinets de plusieurs juridictions, cet article étudie le rapport au temps et au travail d’avocat·es en droit de la famille. Nuançant les travaux montrant des avocat·es qui maîtrisent l’interaction avec les client·es, il analyse comment des professionnel·les peuvent se sentir envahi·es. Les avocat·es déclarent d’autant plus être débordé·es que la norme de disponibilité permanente reste très ancrée, même si elle est mise à mal par la féminisation de la profession. La gestion de leur relation avec la clientèle correspond ainsi à différentes logiques d’articulation des temps sociaux, à l’intersection des rapports de genre, des configurations familiales dans lesquels ils et elles sont pris et de leur position dans la carrière. Enfin selon leur place dans le marché du conseil, la composition de leur clientèle ou la taille de leur cabinet, les avocat·es n’ont pas les mêmes ressources pour face à cet envahissement. Les inégalités de genre, de situation professionnelle et de territoire sont alors déterminantes. Cet article prend place dans un numéro de la revue "Travailler dans le droit" coordonné par Gaëtan Flocco et Laurent Willemez

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